Médecine interne et immunologie clinique
La médecine interne prend en charge les maladies systémiques et les situations diagnostiques difficiles, quand les signes touchent plusieurs organes et qu'aucune spécialité d'organe ne suffit à les expliquer.
Qu'est-ce que la médecine interne ?
La médecine interne ne se définit pas par un organe mais par une méthode. Le cardiologue s'occupe du cœur, le néphrologue du rein ; l'interniste s'occupe du patient entier lorsque les signes ne tiennent dans aucune case. Il voit des personnes adressées par un autre médecin pour une fièvre qui dure, une inflammation biologique inexpliquée, une association inhabituelle de symptômes que plusieurs spécialistes ont examinés séparément sans les relier. Son travail consiste d'abord à reconstituer une histoire complète, ensuite seulement à décider quels examens ont un sens. La Société nationale française de médecine interne, société savante de la spécialité, décrit une médecine globale et approfondie destinée aux patients qui ont plusieurs maladies, situe l'interniste entre le médecin généraliste et le spécialiste d'organe, et reprend de Fred Siguier la formule selon laquelle il est « la contrepartie naturelle de l'excès de spécialisation ». Elle nomme quatre situations d'adressage : les atteintes de plusieurs organes, les diagnostics complexes, les maladies rares ou orphelines et les maladies auto-immunes ou systémiques, et les personnes âgées porteuses de plusieurs maladies. La formation en porte la marque : l'internat de médecine interne dure cinq ans là où la plupart des spécialités en durent quatre, en raison de la polyvalence exigée. [S1]
L'immunologie clinique est l'autre moitié de l'intitulé, et c'est la moins connue du public. Le système immunitaire a pour fonction de reconnaître ce qui est étranger et de le détruire. Dans certaines maladies il se trompe de cible et attaque les tissus de la personne elle-même : ce sont les maladies auto-immunes. Dans d'autres il se déclenche seul, sans microbe ni auto-anticorps, et produit des poussées de fièvre et d'inflammation : ce sont les maladies auto-inflammatoires. Dans d'autres encore il fonctionne mal par défaut et laisse passer les infections. Le clinicien immunologiste est celui qui sait lire ce dérèglement chez un malade donné, choisir les examens qui le mesurent et conduire les traitements qui le corrigent. En France, les deux termes forment un seul intitulé de spécialité : les arrêtés publiés au Journal officiel qui autorisent l'exercice de la médecine nomment la spécialité « médecine interne et immunologie clinique ». [S2] Il n'existe pas en revanche, en français, de texte de référence qui définisse l'immunologie clinique comme la Société nationale française de médecine interne définit la médecine interne ; ce manque est réel et la section « Ce que l'on ne sait pas » le dit plutôt que de le combler par une formule inventée.
Son travail sur ce sujet
Cette page n'a pas de corpus propre et c'est normal : il n'existe pas d'article « de médecine interne » au sens où il existe des articles sur le syndrome VEXAS ou sur le syndrome des antiphospholipides. Ce que la démarche produit se voit dans les résultats obtenus sur les maladies que les treize autres pages détaillent. Sept travaux, regroupés selon les cinq choses que cette méthode sait faire, sont repris ici avec leurs chiffres exacts.
Reconnaître une association que personne n'avait mesurée. Une étude rétrospective multicentrique française publiée dans Rheumatology (Oxford) en 2016, dont Arsène Mekinian est premier auteur sur quarante auteurs nommés, a réuni 123 patients porteurs à la fois d'un syndrome myélodysplasique et d'une maladie systémique inflammatoire ou auto-immune, et les a comparés à 665 patients atteints d'un syndrome myélodysplasique ou d'une leucémie myélomonocytaire chronique sans manifestation de ce type. L'âge moyen était de 70 ans, le rapport hommes sur femmes de 2. Les manifestations étaient une vascularite systémique dans 39 cas (32 %), une connectivite dans 31 cas (25 %), une arthrite inflammatoire dans 28 cas (23 %), une dermatose neutrophilique dans 12 cas (10 %) et restaient inclassées dans 13 cas (11 %). Un chiffre de cette étude dit à lui seul ce qu'est le travail quotidien de la discipline : la maladie remplissait les critères de classification habituels dans 75 cas (66 %), mais ces critères n'étaient pas atteints dans 21 cas (19 %). Un patient sur cinq n'entrait donc dans aucune définition établie, et devait pourtant être diagnostiqué et traité. Cent dix-huit patients (96 %) ont été traités, dont 91 % par corticoïdes, avec 83 % de réponse à la première ligne, mais une deuxième ligne a été nécessaire dans 48 % des cas pour corticodépendance ou rechute. La survie globale ne différait pas entre les deux groupes (P = 0,5). 2 Le sujet est développé sur la page « Hémopathies myéloïdes et manifestations inflammatoires ».
Chercher la cause unique derrière deux maladies apparemment distinctes, et la cause rare derrière un tableau banal. En 2019, une observation publiée dans Haematologica, qu'il cosigne en dixième position sur seize auteurs nommés, décrit chez une même patiente une maladie d'Erdheim-Chester et une leucémie myélomonocytaire chronique porteuses de la même mutation clonale. C'est un cas isolé, et un cas isolé ne démontre rien à lui seul ; il illustre en revanche exactement le raisonnement de la discipline, qui consiste à se demander si deux maladies survenues chez la même personne n'en font pas qu'une. 4 La même année, un travail publié dans Seminars in Arthritis and Rheumatism, qu'il cosigne en vingt et unième position sur vingt-trois auteurs nommés, prend le problème par l'autre bout : à partir d'un registre national de la maladie associée aux IgG4 et d'une revue de la littérature, il évalue la place de cette maladie parmi les causes de pachyméningite, c'est-à-dire d'inflammation de l'enveloppe du cerveau. Dans un centre de recours régional, la maladie associée aux IgG4 expliquait 10 % des pachyméningites inflammatoires ; à l'inverse, dans le registre national de la maladie associée aux IgG4, la pachyméningite représentait 4,1 % des cas. Huit nouvelles observations sont rapportées et 46 cas prouvés histologiquement sont revus. L'atteinte restait isolée dans la majorité des cas : seules 27 % des formes spinales et 40 % des formes crâniennes s'accompagnaient d'une autre localisation de la maladie. Un immunosuppresseur ou le rituximab ont été nécessaires dans 18 % des formes spinales et 54 % des formes crâniennes. 3
Décrire une maladie qui n'a pas de chapitre dans les manuels. L'intervillite chronique histiocytaire est une inflammation du placenta que l'on ne voit qu'à l'examen microscopique après une perte de grossesse, et qui récidive. Une étude prospective multicentrique publiée dans Autoimmunity en 2015, dont il est premier auteur sur dix-huit auteurs nommés, a inclus entre 2011 et 2013 toutes les patientes ayant une grossesse en cours après un antécédent d'intervillite chronique histiocytaire. Vingt-quatre femmes, d'âge 34 ans plus ou moins 5, ont été suivies ; une maladie auto-immune était présente chez sept d'entre elles (29 %). Vingt et une grossesses prospectives ont été traitées, soit 88 % contre 13 % des grossesses antérieures. Le nombre de naissances vivantes a été plus élevé que lors des grossesses précédentes des mêmes femmes, 16 sur 24 contre 24 sur 76 (p = 0,003), soit un passage de 32 % à 67 % de naissances vivantes dans les grossesses traitées. Aucune différence n'est apparue entre les schémas thérapeutiques comparés entre eux. Le risque d'accouchement prématuré est resté de 30 % malgré le traitement, et le risque de récidive d'une issue défavorable également de 30 %. 1 Le sujet est développé sur la page « Pathologies placentaires inflammatoires ».
Mesurer un traitement là où l'essai randomisé n'existe pas. Beaucoup de maladies systémiques sont trop rares pour qu'un essai contre placebo soit faisable. La discipline y répond par des séries multicentriques construites sur des critères communs. L'étude publiée dans Rheumatology (Oxford) en 2022, dont il est premier auteur sur cinquante-quatre auteurs nommés, a réuni 209 patients atteints d'artérite de Takayasu, d'âge médian 29 ans, dont 186 femmes (89 %), traités soit par un antagoniste du facteur de nécrose tumorale alpha (132 patients, 63 %, 172 lignes de traitement) soit par tocilizumab (77 patients, 37 %, 121 lignes). Une réponse complète à six mois a été observée chez 101 patients sur 152 (66 %) sous antagoniste du facteur de nécrose tumorale alpha et chez 75 sur 107 (70 %) sous tocilizumab. Pendant un suivi médian de 36 mois, 103 rechutes ont été enregistrées. Des effets indésirables sont survenus dans 58 cas (20 %). L'étude est rétrospective et les patients n'ont pas été tirés au sort entre les deux stratégies : elle décrit ce qui a été observé, elle ne démontre pas la supériorité d'un traitement sur l'autre, et ses auteurs concluent d'ailleurs à une efficacité et à un maintien thérapeutique équivalents. 5 Le sujet est développé sur la page « Vascularites des gros vaisseaux ».
Écrire la règle commune une fois que les cas ont été rassemblés. Le terme du raisonnement, dans une maladie rare, est un texte qui dit aux équipes françaises comment faire. Le protocole national de diagnostic et de soins du syndrome de Cogan, publié dans La Revue de médecine interne en 2025, a été élaboré sous l'égide du centre de référence CeRéMAIA et de la filière FAI²R ; la fiche publiée par la filière indique qu'il a été rédigé sous la coordination du Pr Arsène Mekinian, et il en est le vingt-sixième et dernier auteur nommé, également auteur correspondant. 6[S3] Le document décrit une vascularite de cause inconnue qui atteint la cornée et l'oreille interne, signale que des manifestations générales sont présentes chez 30 à 70 % des patients et un syndrome inflammatoire biologique dans 75 % des cas, et énonce clairement la limite du champ : aucune étude prospective randomisée n'a été conduite à ce jour dans cette maladie, ce qui prive la prise en charge d'un consensus fondé sur des essais. Le même exercice a été conduit à l'échelle internationale pour le syndrome VEXAS : un texte de guidance de l'American College of Rheumatology paru dans Arthritis & Rheumatology en 2026, dont il est premier auteur sur cinquante-huit auteurs nommés, a réuni un panel international pour établir par un processus formalisé de réunions et de vote des considérations pratiques sur les manifestations cliniques, le dépistage du gène UBA1, le diagnostic d'un syndrome myélodysplasique associé, le pronostic et la prise en charge. Ce document se présente comme un texte de guidance, non comme des recommandations ; ses auteurs écrivent qu'il constitue le premier consensus international formel sur cette maladie et qu'il est né du constat qu'aucun document clinique n'existait pour guider les soignants. 7 Le sujet est développé sur la page « Syndrome VEXAS ».
Transmettre la démarche. Une discipline qui repose sur une méthode se juge aussi à ce qu'elle enseigne. Arsène Mekinian dirige depuis 2024 le diplôme d'université d'immunologie de la reproduction de Sorbonne Université, dont il est le responsable pédagogique : 70 heures d'enseignement, rattachement à la faculté de Santé, année universitaire 2026-2027 ouverte au catalogue. [S4] Le répertoire national des thèses de doctorat, `theses.fr`, permet de mesurer l'encadrement doctoral sans passer par aucune déclaration : sa propre thèse de sciences y figure, soutenue le 6 janvier 2017 sur la population B régulatrice dans la leucémie lymphoïde chronique, préparée à l'Université Sorbonne Paris Nord dans le laboratoire Adaptateurs de signalisation en hématologie ; s'y ajoutent quatre thèses de doctorat qu'il a codirigées et qui ont été soutenues à Sorbonne Université entre 2019 et 2025, sur les lymphocytes T folliculaires auxiliaires dans la sclérodermie systémique (2019 et 2025, laboratoire du Centre de recherche Saint-Antoine), sur un outil d'aide à la décision thérapeutique pour le lupus, la sclérodermie systémique, la maladie de Takayasu et le syndrome des antiphospholipides (2023), et sur le risque cardiovasculaire dans la sclérodermie systémique et l'artérite à cellules géantes à partir d'un registre national et du Système national des données de santé (2025). Il a en outre présidé deux jurys de thèse en 2022 et 2024 et été rapporteur de deux thèses soutenues en 2025 à Bordeaux et à Strasbourg. [S5] Ces sujets recouvrent les trois ensembles du site, ce qui montre que la discipline y est une et non une collection de spécialités juxtaposées.
Les treize autres domaines de travail. Cette page est le point d'entrée et le point de retour des treize suivantes. Immunologie de la reproduction : « Immunologie de la reproduction », « Grossesses arrêtées à répétition », « Échecs d'implantation répétés », « Pathologies placentaires inflammatoires », « Syndrome des antiphospholipides », « Grossesse et maladies auto-immunes ». Maladies auto-immunes et auto-inflammatoires : « Syndrome VEXAS », « Maladies auto-inflammatoires et amylose inflammatoire », « Maladies auto-immunes systémiques », « Vascularites des gros vaisseaux », « Sclérodermie systémique ». Hémopathies et traitements : « Hémopathies myéloïdes et manifestations inflammatoires », « Traitements immunomodulateurs ».
Où la prise en charge est organisée
Le service de médecine interne de l'hôpital Saint-Antoine (AP-HP), 184 rue du Faubourg Saint-Antoine, 75012 Paris, décrit lui-même son activité comme la prise en charge de patients atteints de maladies auto-immunes, de maladies hématologiques non malignes, de maladies rares ou orphelines, de diagnostic difficile, ou porteurs de plusieurs maladies. La démarche diagnostique, l'administration des traitements et le suivi s'y font en consultation, en hospitalisation de jour ou en hospitalisation conventionnelle. [S6] Arsène Mekinian y exerce comme professeur des universités et praticien hospitalier ; il n'en est pas le chef de service. La page de Sorbonne Université Formation Continue qui le concerne le présente comme « professeur des universités – praticien hospitalier en médecine interne et immunologie clinique à Sorbonne Université, dans le service de médecine interne de l'hôpital Saint-Antoine (AP-HP), depuis 2019 ». [S4] C'est le seul énoncé institutionnel qui réunit les deux moitiés de l'intitulé de cette page. Sur la fiche praticien de l'AP-HP, la spécialité affichée est « Médecine interne » seule : l'annuaire hospitalier porte la spécialité d'exercice, l'université porte l'intitulé universitaire.
Le service abrite plusieurs structures maladies rares, et il importe de distinguer ce qui relève de lui de ce qui relève d'autres praticiens du même service. Un centre de référence maladies rares est un ensemble hospitalier labellisé par le ministère chargé de la santé ; il comprend un site coordonnateur et des sites constitutifs, auxquels s'ajoutent des centres de compétence de proximité. Une filière de santé maladies rares n'est pas un centre : c'est une structure d'animation qui relie entre eux les centres d'un même domaine. Arsène Mekinian coordonne le site constitutif de l'hôpital Saint-Antoine du centre de référence des maladies auto-inflammatoires et de l'amylose inflammatoire, le CeRéMAIA, qui compte sept sites en France. La page des équipes du centre le nomme parmi les sept responsables de site, pour les adultes, avec pour thèmes le syndrome VEXAS, l'hématopoïèse clonale et l'inflammation, et les manifestations inflammatoires associées aux hémopathies. [S7] L'annuaire de la filière de santé des maladies auto-immunes et auto-inflammatoires rares, FAI²R, écrit que le centre situé à l'hôpital Saint-Antoine est coordonné par lui et publie la liste des médecins référents du site en médecine interne, rhumatologie, neurologie, cardiologie, hématologie et réanimation, complétée par des référents de néphrologie, dermatologie et pneumologie à l'hôpital Tenon, de gynécologie-obstétrique à l'hôpital Armand-Trousseau et d'ophtalmologie au Centre national d'ophtalmologie des Quinze-Vingts. [S8] La fiche professionnelle d'Orphanet, référentiel européen des maladies rares, lui attribue les qualités d'expert clinique, de coordonnateur de centre expert et d'investigateur principal d'essai clinique, et ne mentionne qu'un seul centre expert, ce même site constitutif. [S9] Les autres structures maladies rares hébergées par le service, dont un centre de référence constitutif des angiœdèmes à kinines labellisé en 2016 et un centre de compétence des cytopénies auto-immunes de l'adulte, ont d'autres praticiens du service pour responsables et ne relèvent pas de lui ; elles ne sont donc pas portées ici.
Les décisions difficiles ne se prennent pas seul. La filière FAI²R organise des réunions de concertation pluridisciplinaire nationales, ouvertes à tout médecin qui suit un patient atteint d'une maladie auto-immune ou auto-inflammatoire rare, sur l'ensemble du territoire. Ce sont des réunions de recours : la filière demande que le dossier ait d'abord été présenté aux réunions locales ou régionales lorsqu'elles existent. Elles se tiennent sur une plateforme agréée pour l'hébergement des données de santé, réunissent un quorum d'experts d'au moins trois spécialités différentes sous la conduite d'un coordonnateur de séance, et chaque dossier donne lieu à un compte rendu validé par ce coordonnateur, envoyé au médecin qui a présenté le cas et intégré au dossier du patient. La filière indique avoir dépassé cent dossiers discutés la première année et en discuter plus de deux cents chaque année depuis. [S10] Arsène Mekinian figure au titre de la médecine interne dans le quorum de vingt-quatre experts de la réunion nationale MINHEMON, consacrée aux manifestations systémiques des hémopathies, qui se tient en visioconférence le mardi de 17 heures à 18 heures environ toutes les deux semaines et où chaque dossier est présenté par le médecin référent du patient. [S11] Ces réunions sont un dispositif d'avis entre médecins ; elles ne constituent pas une voie d'accès pour un patient qui souhaiterait une consultation, et l'accès au service passe par une demande adressée par le médecin qui suit le patient.
Le versant recherche est rattaché au Centre de recherche Saint-Antoine, unité mixte Inserm et Sorbonne Université, dont le contrat courant va de janvier 2025 à décembre 2029. Deux écritures du numéro d'unité coexistent selon les sources, « Inserm UMR_S 938 » dans les adresses de publication et sur le site du centre, « unité Inserm U938 » sur la page de Sorbonne Université Formation Continue. Cette même page le présente comme cofondateur et coordonnateur de FRENVEX, groupe français d'étude du syndrome VEXAS, et comme fondateur et président du réseau MINHEMON. [S4] Ces deux réseaux n'ont pas d'existence administrative publique consultable et sont cités ici tels que l'institution universitaire les déclare.
Ce que l'on ne sait pas
La première limite est celle des méthodes employées, et elle vaut pour la plupart des travaux cités sur ce site. Les cinq études reprises ci-dessus sont toutes observationnelles : quatre sont rétrospectives et la cinquième, prospective, n'a pas de groupe témoin. Elles décrivent ce qui a été fait et ce qui est arrivé, elles ne comparent pas deux stratégies tirées au sort. L'étude de 2016 sur les manifestations systémiques des hémopathies réunit 123 patients recrutés dans de nombreux centres sans protocole thérapeutique commun. 2 L'étude sur l'artérite de Takayasu compare deux familles de traitements chez 209 patients qui n'ont pas été répartis au hasard, ce qui interdit d'attribuer à l'un ou à l'autre la différence observée. 5 L'étude prospective sur l'intervillite chronique histiocytaire ne porte que sur 24 femmes et compare leurs grossesses traitées à leurs propres grossesses antérieures non traitées : cette comparaison historique ne vaut pas groupe témoin, et les auteurs ne départagent d'ailleurs pas les schémas thérapeutiques entre eux. 1 Le travail de 2019 sur la pachyméningite associée aux IgG4 additionne huit observations nouvelles et 46 cas tirés de la littérature, ce qui expose au biais de publication. 3 L'observation d'Erdheim-Chester associée à une leucémie myélomonocytaire chronique est un cas unique. 4 Aucun de ces résultats n'a été répliqué dans un essai contrôlé.
La deuxième limite tient aux textes de synthèse eux-mêmes. Un protocole national de diagnostic et de soins et un texte de guidance internationale sont des accords d'experts, obtenus par discussion et par vote, et non des conclusions d'essais. Le protocole du syndrome de Cogan le dit lui-même : aucune étude prospective randomisée n'a été conduite dans cette maladie. 6 Le texte de guidance de l'American College of Rheumatology sur le syndrome VEXAS a été construit précisément parce qu'aucune donnée suffisante n'existait, et se présente comme une aide à la décision, non comme une règle démontrée. 7 Ces documents vieillissent vite dans les maladies où la biologie avance.
La troisième limite est celle de la discipline elle-même, et elle est inhabituelle : l'immunologie clinique n'a pas, en français, de texte de référence qui la définisse. La Société nationale française de médecine interne publie une définition détaillée de la médecine interne ; aucune source institutionnelle française équivalente n'a été trouvée pour l'immunologie clinique. Ce qui est établi tient en deux points : la loi française nomme la spécialité « médecine interne et immunologie clinique » dans les arrêtés d'autorisation d'exercice publiés au Journal officiel, et plusieurs services hospitalo-universitaires français réunissent les deux termes dans leur intitulé. Ce que cette page dit de l'immunologie clinique dans sa première section est donc une description en langue claire, écrite pour être comprise, et non la reprise d'un texte de référence, faute qu'il en existe un.
La quatrième limite est que la démarche elle-même n'a jamais été mesurée. Il n'existe pas d'étude qui compare le devenir de patients pris en charge selon une démarche de médecine interne à celui de patients pris en charge autrement. L'intérêt d'un raisonnement global sur un patient qui a plusieurs maladies est intuitif et il est admis par l'organisation des soins ; il n'est pas démontré au sens où l'on démontre l'efficacité d'un médicament. Il faut le dire, en particulier sur une page qui présente cette démarche.
Enfin, la définition de la médecine interne reprise dans la première section provient de la Société nationale française de médecine interne et n'est pas un texte d'Arsène Mekinian. [S1] La description des réunions de concertation pluridisciplinaire nationales provient des pages de la filière FAI²R et n'est pas non plus de lui. [S10][S11]
Références
- Chronic histiocytic intervillositis: outcome, associated diseases and treatment in a multicenter prospective study — Autoimmunity, 2015 1er sur 18 auteurs nommés ; consortium « SNFMI and the European Forum of APS » hors décompte ; type MEDLINE Multicenter Studycité 60 fois
- Systemic inflammatory and autoimmune manifestations associated with myelodysplastic syndromes and chronic myelomonocytic leukaemia: a French multicentre retrospective study — Rheumatology (Oxford), 2016 1er sur 40 auteurs nommés ; type MEDLINE Multicenter Studycité 176 fois
- Clinical presentation, treatment and outcome of IgG4-related pachymeningitis: From a national case registry and literature review — Seminars in Arthritis and Rheumatism, 2019 21e sur 23 auteurs nommés ; type MEDLINE Reviewcité 30 fois
- Erdheim-Chester disease associated with chronic myelomonocytic leukemia harboring the same clonal mutation — Haematologica, 2019 10e sur 16 auteurs nommés ; consortium « MINHEMON and EMSED » hors décompte ; type MEDLINE Case Reports ; la notice ne diffuse aucun résumé texte intégral gratuit sur PubMed Centralcité 22 fois
- Efficacy and safety of TNF-α antagonists and tocilizumab in Takayasu arteritis: multicentre retrospective study of 209 patients — Rheumatology (Oxford), 2022 1er sur 54 auteurs nommés ; consortium « French Takayasu network » hors décompte ; type MEDLINE Multicenter Study
- French protocol for diagnosis and management of Cogan's syndrome — La Revue de médecine interne, 2025 26e sur 26 auteurs nommés, dernier auteur et auteur correspondant ; ligne `CN` « contributors » hors décompte ; type MEDLINE Practice Guideline
- American College of Rheumatology Guidance Statement for Diagnosis and Management of VEXAS Developed by the International VEXAS Working Group Expert Panel — Arthritis & Rheumatology, 2026 1er sur 58 auteurs nommés ; lignes `FIR`/`IR` et consortium « International VEXAS working group » hors décompte ; type MEDLINE Practice Guideline ; mise en ligne le 11 août 2025 texte intégral gratuit sur PubMed Centralcité 15 fois